dimanche 15 mars 2009
"Les monologues du vagin"
Et oui, il n'y a pas que les classiques dans la vie. Je reviens donc du théâtre où j'assistai à une représentation de cette pièce légendaire.
J'ai cru qu'il s'agissait d'un texte un peu fade, avec de l'humour facile, quelque chose de superficiel pour se vendre vite et bien. Si grande est ma naïveté que j'ai cru que les textes narraient l'histoire d'un vagin parlant à la première personne! Je me demandais ce qu'il pouvait bien dire?
Je me trompais, et pas qu'un peu. Je suis une Cruche, ne l'oublions pas.
Elles étaient quatre ce soir, mais, si leur nombre peut varier, le fond reste le même: des actrices, qui prennent la voix de femmes parlant de leur vagin.
Disons-le, il y a bien une part de voyeurisme. Nous parlons entre copines. Pourquoi donc aller voir les témoignages d'autres femmes?
Mais parce qu'entre copines, on ne se dit pas tout. De même qu'il n'y a pas deux femmes identiques, de même il n'y a pas deux histoires semblables, et pourtant, nous ne nous racontons pas les liens entretenus avec notre intimité. Pas de cette façon-là, pas de façon aussi entière.
J'ai découvert un texte drôle et émouvant, sonnant toujours juste. Poétique sans emphase, il montre tous les
possibles du vagin: le plus grand des bonheurs et la pire des souffrances, le paradis et le champ de ruines, en passant par tout ce qu'il y a entre les deux, les découvertes, les anecdotes, les malentendus drôles ou dramatiques.
Lorsque les actrices revinrent sur scène en claquant des mains, nous ne comprîmes pas. Etait-ce un nouveau jeu de scène? Non, c'était fini, elles nous demandaient d'applaudir. Le public s'empressa de réparer son retard.
Pour conclure la soirée, il manquait un débat ou un dialogue avec les actrices, non pas celles de la pièce, mais celles du Planning Familial. Le sujet est tellement riche et complexe qu'il était dommage de s'en tenir là.
Les hommes qui nous accompagnaient nous demandèrent: "Vous êtes sûres qu'on a le droit de voir cette pièce? Parce que... 'y'a quand même quasiment que des femmes, hein..."
Mais oui. Et c'est dommage, d'ailleurs, qu'il n'y ait que si peu d'hommes. Parce que l'une des grandes forces de ce texte, c'est qu'il n'accable jamais nos amis les hommes. Et les récits prouvent que les femmes, aussi bien que les hommes, peuvent être coupables d'ignorance ou de cruauté envers leurs filles.
Je conclus en songeant qu'il ne faut pas lire ce texte. Il faut le voir avant.
Ah non, j'ai pas fini, j'ai une question.
Pourquoi certaines mères giflent-elles leurs filles quand elles sont réglées pour la première fois? Si quelqu'un ou quelqu'une, habitué(e) de ces lieux ou non, pouvait me l'expliquer par commentaire ou par mail, j'en serai très reconnaissante, merci beaucoup.
Merci à Jack pour m'avoir gentiment autorisée à copier son image dans un but illustratif. Et merci à vous de ne pas la copier sans son autorisation.
