Chez Anne Hecquedote

Cruchotte, psychote et radote.

samedi 31 octobre 2009

L'estrangère

    "Il y a de l'attente pour cette expo. Je ne peux pas vous dire combien de temps." Mais moi, je sais dans combien de temps part mon train, et je n'ai pas envie de regarder ma montre devant des tableaux.

    Je ne connais de Lutèce que quelques rues, reliées entre elles par des couloirs de métro. Puisque c'est comme ça, je vais marcher. Droit devant, n'importe où, au hasard. En me perdant. J'en ai assez des cartes, des plans, des projets tout faits: "Il y a telle expo, tel film, tel truc que je veux voir...". Les règles du jeu sont vite éditées dans ma tête: tout droit, ne pas faire demi-tour, me perdre, trouver une station de métro quand il sera l'heure.

    Je quitte le Museum Palace, me moque de moi quand je tombe sur les bouquinistes sans le faire exprès. Cela doit être une sorte d'instinct. Je traverse le Pont-Neuf sans amant, je pense toutefois que Léos Carax ne m'en voudra pas.

    Je quitte la Scène, je marche. J'arrive, sur la place Saint-Bellérophon, lieu de tous les rendez-vous lutéciens. Je suis désappointée: ça, je connais déjà! Cette place, beaucoup l'appellent d'un nom barbare: Saint Mickaelos, à cause d'une statue représentant un héros tuant un monstre. Mais j'ai vu cette statue, et je pense qu'il s'agit de Bellérophon terrassant le dragon.

    J'avance. Je salue Montaigne, qui a perdu sa dorure, sauf sur le bout d'un de ses pieds: c'est la crise pour tout le monde, même pour les statues.

    Plus loin, tout droit.

    Je longe de prestigieuses écoles, de hauts lieux d'excellence, résiste aux vendeurs de bibles*.

    Plus loin, tout droit.

    Je ne sais plus où je suis. Je ne connais pas cet endroit. Une pancarte m'aiguille: je suis proche du Sanctuaire des Grands. Je ne l'ai jamais vu, je m'y rends. Il n'est pas trop tard pour une visite, mais je n'ai pas envie de ralentir.  Je descends des rues étroites, vois de petits théâtres, me demande combien de peau fessière ça doit coûter de vivre ici un mois, tout en préférant ne pas savoir. 

    Plus loin, par là.

    Je me trouve dans la rue de La Sorcière, celle qui essayait de manger les enfants en daube pendant mon enfance. Je me demande quel métier font Bachir et Nadia, maintenant, et si l'épicerie de Papa Saïd est remplacée par un restau de nouilles.

    Plus loin, en bas.

    Le quartier des Golems.

    Maintenant, la flânerie s'arrête.  Je commande un chocolat ruineux dans un café, les serveurs sont souriants, chose qui semble rarissime ici. Tiens, il n'y a que des hommes dans ce café... je me demande ce qu'ils pensent de cette fille seule, sereine, avec un gros sac à dos. Quant à moi, je me dis que le premier qui m'importune sera mouché d'une belle façon: en souriant, mais avec une fermeté qui ne tolèrera aucune réplique. Je suis tellement sûre de moi que je ne prends même pas de bouquin pour signifier mon envie de calme.

    Je n'ai pas  excessivement mal aux pieds en dépit de la marche et de ma charge, peut-être parce que j'ai suivi mon rythme et mon chemin.

    Je sirote mon chocolat, satisfaite de ma balade, triste de partir.

    "Vous n'êtes pas d'ici?
    -Non, je suis de Massalia.
    -Vous n'avez pas l'accent..."

    "Tu n'es pas d'ici, toi, tu es de là-bas?
    -Non, je suis née ici. Cela des siècles que je vis ici.
    -Ah bon, on dirait pas, t'as pas l'accengt..."

    Où que j'aille, je serai une étrangère. Je ne ressemble à rien. Sans accent, je ne ressemble pas à une fille du Sud, et je ne peux pas être du Nord pour la bonne raison que je viens du Sud. Logique.

    J'en ai assez assez de sembler une étrangère ici. Je veux l'être là-bas.

    Je trace ma route vers la gare, accompagnée par les souvenirs-fantômes de mes guides. "Souvenômes? Fanvenirs? Fantonirs?"  Aucun de mes mots-valises que je roule dans ma tête ne me convient, c'est quand même un comble quand on voyage...

    Anne-la-froussarde prend la parole.

    "Tu vas galérer, là-bas...

    -Je galère déjà ici, alors, ramer pour ramer, autant m'embarquer dans une trière que j'aurais choisie, répliquè-je sèchement.

    -Tu trouves Massalia violente, mais Lutèce aussi est violente! Tu ne fuiras pas la violence!

    -Ouais, mais ça me changera! La violence de Massalia, je connais, j'en ai fait le tour. Plus rien ne me surprend. Voyons un peu si je peux faire face sur un terrain de jeu plus vaste. Je passe bien aux niveaux supérieurs dans Rêverie Ultime cinquante-douze, pourquoi je resterai au niveau un dans la vraie vie?

    -Mais si tu trouves pas de boulot...?

    -Tais-toi! Je bosse dans une ZEP, je n'ai peur de rien!"

    Anne-la-froussarde se tait. Le train part.

    Je conclus comme un méchant rancunier qui assure la continuité de l'histoire: "Je reviendrai!"

*"Bible" au sens antique de "livre"...

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mardi 27 octobre 2009

Musique

Ils s'appellent les Dresden Dolls. Amanda Palmer, la chanteuse, a la voix, le talent, les vêtements, le maquillage et le groupe de musique dont je rêve (oui, je rêve d'assumer enfin mes pulsions gothiques), cela doit faire des siècles qu'ils existent et tout le monde le sait sauf moi évidemment, bref, voici ma nouvelle coqueluche auditive du moment.

Comme d'habitude, peu de morceaux dans la play-list. Pour voir à quoi ils ressemblent, Toitube est ton ami.


Découvrez la playlist the dresden dolls avec The Dresden Dolls

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dimanche 11 octobre 2009

Le chant du bouc pour le rat mort

   "Chant du bouc" se dit approximativement "tragédie" en grec. J'étais partie pour titrer "La tragédie du rat mort", puis je changeai d'avis. L'anecdote étant un peu tristounette pour moi, Cruche hyper sensible, j'ai eu envie d'en ridiculiser le titre afin de soulager le deuil profond qui suivit cette triste histoire... et de jouer un peu avec les langues...

    J'en ai ramené, des trucs bizarres du boulot, mais c'est bien la première fois que je ramène un rat décédé...

****

   A la récré, je sortis en courant de la classe, alertée par des hurlements dans la cour (enfin, des hurlements pas comme d'habitude, devrais-je dire). Une foule d'élèves s'était agglutinée autour de ce que je croyais être une baston. Je m'approchai, jouai des coudes, des poings et des pieds. Un prof était déjà là... dans un cercle de vide.

  "Qu'est ce que c'est que c'te nouveauté, encore?" Il n'y avait personne dans le cercle...

    Je baissai les yeux et le vis.

  Une adorable boule de poils marron, prostrée, affolée. Un rongeur, un raton? Non, un octodon, pour être plus précise, propre, le poil brillant, les yeux noirs. "Mes dieux, mais qu'est-ce qu'il est mignon!" m'exclamai-je en pensée. Les élèves faisaient cercle autour de lui, et hurlaient d'effroi et de dégoût.

  Les adultes se mirent en devoir de repousser tous ceux qui s'approchaient, et de renvoyer, comme au base-ball ("Un élève courbe, attention!"), ceux qui étaient poussés par leurs gentils camarades sur le rat.

  Les hurlements changèrent bientôt d'intensité et de cible. ("Hein? il se passe quoi, là encore?") Le cercle se déplaça autour de moi. Je bougeai lentement aussi, constatant que mon pied gauche était à peine moins léger qu'avant, et pour cause: Aristote -car ainsi je le baptisai- s'était réfugié dessus.  Peut-être avait-il senti que je ne lui voulais aucun mal, ni n'éprouvais de dégoût.

Je secouai doucement, tout doucement, mon pied. Aristote descendit, et je le gardai entre mes massives chaussures, aux aguets, bras tendus, prête à cogner sur tout mineur qui s'en approcherait. 

  Un collègue ramena une boîte. Il eut peur, tenta de l'éviter, mais y rentra docilement quand je le guidai, mes mains en coupe autour de lui.

Nous dénichâmes une cage à rongeurs et des chiffons pour en tapisser le fond, afin qu'elle ne lui soit pas trop dure. Je le posai dans un coin tranquille.

Deux heures plus tard, je le retrouvai, ses yeux noirs désormais luisants d'un drôle d'éclat bleuté. Aristote était mort, ses organes n'ayant pas résisté aux coups de pieds d'enfants fiers de montrer un cruel et lâche courage.

  Je l'emportai, triste de n'avoir pas pu le protéger. Je m'excusai, par superstition, de ne pas avoir réussi à le garder en vie, ni de ne pas pouvoir lui offrir autre chose qu'une poubelle en guise de sépulture, alors qu'il s'était dirigé vers moi pour trouver un abri. 

"Au moins, il sera mort dans le calme," me disais-je pour me consoler.

****

  Pourquoi Aristote?

  Parce que, sur certaines peintures, Aristote montre le sol, et que les rats vivent près du sol. Et puis parce que je suis dingue pour trouver que c'est un raisonnement cohérent. Et puis aussi pour me venger du fait que sa langue soit parfaitement intraduisible.

    Aristote, témoin* de la méchanceté enfantine, repose en paix.

    *Témoin se dit "martyr" dans un antique langage.

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mercredi 7 octobre 2009

Speaking in the Dark

    Et si vous appreniez le chinois en Chine, sur le terrain?

    Hop, c'est parti! Après un voyage épique, vous voilà inscrit au collège des Tulipes Rouges. C'est le premier jour, il y en a des élèves! Vous vous retrouvez, sans trop comprendre comment, dans une salle de classe, avec toujours plein d'autres. Le prof parle, mais vous avez beau écouter, vous ne comprenez pas un mot. Le prof vous pose une question. Vous ne répondez pas. Le prof répète. Vous répétez aussi, sans comprendre ce que vous dites. Il a l'air d'attendre quelque chose, mais quoi, mais quoi? il dit quoi? Aucun mot ne ressemble aux vôtres! Rien, nada, niet, que dalle!

    Lorsque vous avez une question, vous ouvrez la bouche, habitué que vous êtes à parler spontanément. Mais vous la refermez aussitôt en vous souvenant que vous n'avez aucun mot pour l'exprimer. Vous en avez toute la journée, de ces petites inspirations qui préparent une phrase et qui finissent dans un souffle silencieux et découragé. La question reste dans vos yeux, sur votre visage, sans pouvoir s'envoler vers l'autre sous sa forme intelligible. Vous avez parlé toute votre vie, et vous voilà muet.

    Le soir tombe, vous êtes épuisé d'avoir essayé de percer le mystère de ce nouveau langage, exténué d'avoir suivi dans le noir un chemin ponctué de syllabes hermétiques.

    Et tous les jours, il faut y retourner. Elles sont bien gentilles, les dames qui sont en classe, elles ne crient pas, mais elles ont toujours l'air d'attendre quelque chose de vous, quelque chose que vous ne pouvez pas leur donner, faute de saisir.

***

    Je travaille toujours avec la section Accueil, celle qui accueille les élèves étrangers ne connaissant pas la langue.  Je vois chez certains les questions qu'ils ne peuvent pas poser et qui restent sur leur visage,  mélangées à  la peur et la frustration de n'être pas compris.  Chez d'autres, ceux qui progressent plus vite, une langue intermédiaire se crée entre nous, un mélange de français et de leur langue d'origine. Je suis incapable de répéter ce qu'ils me disent, pourtant, je les comprends, de façon intuitive.

    Travailler avec la Section Accueil est fatigant, pour eux comme pour le personnel pédagogique. Nous sommes tous tendus, à nous rompre,  les uns vers les autres, pour nous comprendre. Je suis obligée d'improviser, de changer fréquemment de tactique pour faire comprendre une consigne. "Utiliser le tableau, l'écrit, les gestes, les autres élèves. Montrer. Encore. Faire répéter. Encore. Vérifier qu'ils comprennent." Nous sortons de là éreintés, ravis cependant quand l'heure a été bonne.

    Mais nous savons aussi que ce n'est pas gagné pour autant, et que le lendemain, nous recommencerons. Encore.

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mercredi 30 septembre 2009

X-Manne Evolution

    Les mois ont passé, et je constate un changement dans ma façon de travailler.

    J'anticipe mieux, fait face plus facilement, donne de meilleurs repères aux gamins dans la classe. Et punit quand la situation dégénère ("Bon, trop de bruit, j'en ai marre, vous copiez le règlement!!!").

    Un phénomène nouveau s'est mis en place dans ma tête, et, à en entendre les profs dans la salle des profs, je suis loin d'être la seule: en plein boulot, je suis plusieurs. Une Cruche contrôle le physique ("Je gueule, alors fais la gueule de moi qui gueule!"), une autre trie et traite les infos ("Alerte, bavardage à gauche, intervenir, vite!"), une troisième commente intérieurement sans intervenir ("Les élèves dehors croient que je ne les entends pas parler de moi, mes dieux, quelle naïveté!"). Parfois, je crie très fort, mais je me roule par terre d'esclaffade en dedans: "Mes dieux, c'que t'es ridicule, ma pauvre Anne!" "Mes dieux, s'il/elle voyait comme tu rigoles!"

    C'est un nouveau super-pouvoir très utile: avec plus de détachement, la peur diminue. J'ai moins l'impression d'être débordée sur tous les fronts, parce que la répartition des tâches organise mieux mon esprit désormais coupé en trois (enfin, en trois parties recensées à ce jour, sans compter les autres). Je suis à la fois plus souple et plus précise, les broutilles ne m'énervent ni ne m'agacent. Les trucs les plus simples marchent: prévenir avant de punir, témoigner de l'intérêt ("Attends, je finis, après, je te donne la parole"), un ton décontracté mais ferme, de l'humour, faire participer les mômes ("Qui va me l'écrire au tableau?").

    Il y a des échecs, bien sûr, mais dans l'ensemble, cela se passe beaucoup mieux.

    Cependant, je reste persuadée qu'il n'y a rien au monde d'aussi difficile, rien d'aussi fatigant, ni rien d'aussi passionnant.

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lundi 28 septembre 2009

"Cruchottak! Go!"

    Ceux qui traînent ici savent que j'ai l'amusante habitude d'avoir une chanson stupide dans la tête quand je bosse dans mon collège. Comme je travaille encore plus qu'avant, je trimballe désormais un lecteur MP3 au lieu de matière grise, qui joue aléatoirement les titres les plus absurdes. 

    L'ambiance scolaire, entre moulons, bastons et autres chefs-d'oeuvre de notre jeune humanité, me souffla le petit détournement suivant à ma gloire. Pour la version originale, cliquez ici, juste ici.

    Anne Cruchotte alias Cruchottak
    Tu ne crains vraiment dégun*
    Quand l'armée de trolls attaque
    T'hésites pas à envoyer les mains

    Toi princesse de l'espace
    Cruche ex-tête d'ampoule**
    Tu ne fais pas tête basse
    Quand tu dois fendre la foule

    Cruchottak avec ton cerveau
    T'aides ceux qui en ont besoin
    Ceux qui te disent des gros mots
    T'aimerais les taper du poing

****break douloureux****

"Cruchottak, go! Carnet de correspondance! Dépêche!"

    Toi, princesse de l'espace
    La risée de la cour
    Tu te moques des menaces
    Quand tu cries "ALLEZ EN COURS!!!"

    Pour l'amour des piafs et des murs***
    Mais certes pas des enfants
    Tu vivras en survivant
    Aux plus affreux traitements

    Pour l'amour du salaire versé
    Et des heures non chômées
    Cruchottak, tu es plus forte
    Que les ados qui te veulent moooorte!

*Dégun: massaliotisme. Synonyme de "personne".

**Un clin d'oeil à la série "Malcolm" ne fait jamais de mal.

***Il n'y a pas de fleufleurs par chez moi.

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mardi 22 septembre 2009

Planète, des Wriggles

Le lecteur se trouve en bas du texte...

Sur la planète aux mille et une couleurs
Des enfants jouent dans les fleurs,
'Y'en a des verts, des roses, des bleus
Ils sont si jolis dans leurs jeux
Ils ont des rayures, des pois, des bariolages
Qui s'effacent avec l'âge

A chaque couleur, son caractère,
Les bleus sont joyeux et les verts solitaires
Les roses composent des chansons
Les marrons les écoutent
Et les rouges jouent au foot

Mais il y a celui avec qui on ne peut pas rigoler
Le petit enfant violet

En grandissant, tout le monde change de couleur
Selon la vie ou l'humeur
Monsieur Violet est devenu grand
En conservant son pigment
Les gens se mélangent loin de cet homme étrange et violet

Qui vit tout isolé dans une grande maison mauve du sol au plafond

Mais un après-midi ensoleillé
De ce joyeux mois de juillet
Une petite fille rouge et capuchonnée
A sa chevillette va sonner:

"Est-ce que c'est vrai que c'est parce que t'es violet
Qu'on nous interdit de te voir?
Qu'on n'a pas le droit de te parler?
Ma mère me le dit tous les soirs!
Et dans mon lit, quand il fait tout noir,
Je pense à toi, j'en ai marre de faire des cauchemars!"

Le chaperon s'installe dans le salon,
Demande de l'eau du sirop des glaçons...
Et pour la première fois Monsieur Violet
Se sent l'envie de rigoler
Mais sur la planète aux mille et une couleurs
Les grandes personnes ont peur
Les grandes personnes ont peur

On a couru depuis tout le village
Blancs d'avoir couru et rouges de rage
Jusqu'aux journaux qui avaient signalé
L'adresse de Monsieur Violet
En arrivant on découvre l'enfant
Couché sur le divan
Aussi rouge qu'avant

Le soir venu dans les rues endormies
Seuls les bruits courent encore
Le chaperon joue avec son ami
Dans des rêves multicolores
Pas l'temps de se dire au revoir
Pas l'droit de se revoir
Et, seul, dans sa mauve demeure,
Un drôle de Monsieur violet broie du noir
Sur la planète aux mille et une rumeurs

Découvrez la playlist les wriggles avec Les Wriggles

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mercredi 16 septembre 2009

Brève

    Entendu d'une vendeuse à une fillette dans une papeterie:

    "Ahlàlà, les mangas! et vous ferez quoi, quand il n'y aura plus de mangas, hein? Le jour où il n'y en aura plus, vous ferez quoi?"

    Bah on tuera des gens tout en nous vautrant dans la luxure, M'dame, c'te question.

    Comme on l'a appris dans les mangas, quoi.

    Je décidai qu'il n'y avait rien dans cette boutique et traînai mes basques fatiguées ailleurs. Loin.

    Et m'offris un tome de "Xxx-holic", le premier de "Murena", et un bouquin de Neil Gaiman, "American Gods". Qu'on me laisse rêver, rire, m'instruire et méditer.

    C'est à cela que (me) servent les récits.  Quels qu'en soient les supports. 

  (Cette note est d'une brièveté certaine et d'un intérêt douteux, mais j'attendrai d'être moins sur les rotules pour poster des trucs moins inintéressants...)


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dimanche 13 septembre 2009

Les Mémoires de Zeus, M. Druon

    Comme écrire une critique classique m'ennuie, je teste un nouveau style.

    Ô Zeus,

    Tu sais combien je suis fondue de mythologie grecque. Lorsque j'ai appris que tu avais rédigé tes Mémoires, j'ai couru les emprunter, et je ne le regrette pas: quel livre!

    Tu y racontes comment le monde fut créé avant toi, comment tu es né, as délivré tes frères, comment tu t'es battum_moires_de_zeus pour le pouvoir... Tu ne nous caches rien, pas même tes moments de faiblesse.

    J'ai beaucoup aimé t'écouter parler de ta famille et de tes enfants. Et tu m'as montré une contradiction que je n'avais jamais remarquée jusque-là: les dieux sont dits "bienheureux et immortels" par leurs fidèles. Or, tu montres qu'eux aussi souffrent des mêmes difficultés que nous. Peut-être même plus grandes encore, car, s'il nous est permis de changer si nous le voulons, tes enfants, eux, restent éternellement figés dans leurs frustrations. Apollon poursuivra toujours un amour impossible, Artémis regrettera toujours de n'être pas née garçon, Héphaïstos trompera sa solitude dans un travail acharné. Mais comment en serait-il autrement? S'ils changeaient, ils ne seraient plus le Principe de vie qu'ils représentent. Je me suis surprise à comprendre ces dieux qui semblaient si lointains.

    Quant à toi... tu sais certainement que tes infidélités ne sont pas, euuh, comment dire? très bien vues des mortels en général et de la gent féminine en particulier. Mais tu les assumes pleinement, et tu reconnais quand tu es lâche, comme pour cette malheureuse Io. Je n'ai donc pas envie de juger. Et comment juger un dieu, d'ailleurs? Tu ne joues pas dans la même dimension que nous. Et après tout, tes aventures donnent des pages pleines de poésie. Chacune de tes amantes t'apprend quelque chose, sur toi et sur l'amour. Et cela, aucun mortel ne l'avait dit.   

    Père des dieux, merci pour cette magnifique autobiographie. Merci pour cette réécriture des mythes complètement nouvelle, imprégnée de psychologie moderne et cependant pleine de chaleur. Cela m'a donné envie de vivre, même simple mortelle. 

"Les Mémoires de Zeus" , de Maurice Druon.   

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samedi 12 septembre 2009

Courses de rentrée

    Dans une boutique de fournitures, bondée en septembre, une Cruche entre.   

    "Bonjour, Mme Pédagogie!

    -Mlle Cruchotte! c'est un plaisir de vous revoir après ces vacances! Qu'est-ce qu'il vous faut aujourd'hui?

    -Aloooors, il me faut: deux mots sur le carnet, un rapport disciplinaire, et une gueulante  Maxi-Furia, taille XL.

    -Une Maxi-Furia taille XL? Vous êtes sûre que la gueulante va rentrer? Vous ne voulez pas essayer avant?

    -Bah euuuh... ouais, si vous voulez. "NAN MAIS TU ME PRENDS POUR QUI?" Ouais, ça a l'air d'aller, ça ne part pas trop dans les aigus.  "EN PLUS, TU CROIS QUE TU ARRIVERAS A TE CACHER?" Non, c'est bon, les gros yeux sont assortis, c'est ce qu'il me faut.

    -Ah oui... Mais, vous comprenez, comme Furia taille grand, j'avais peur que ça soit un peu trop large pour votre gosier, mais non, en fait. Il vous faudra autre chose? Nous avons un très bel arrivage d'heures de colle...

    -Ah, ça tombe bien, vous m'en réservez une pour demain? Au nom de Lafrim, 4ème Boulet. Je viendrai le chercher à 16h30.

    -Pas de problème. Et en prime, vous avez un Prof Principal qui sonnera les cloches du prochain crétin qui vous manquera de respect, cadeau de la maison!

    -Je reconnais bien là la qualité de vos services! Vous êtes la meilleure!

    -Merci! Voilà, c'est emballé! Bonne rentrée, Mlle Cruchotte!

    -A vous aussi, Mme Pédagogie!"

    Avec mes nouvelles affaires prêtes à sévir servir, telle un Renton* contemplant son avenir dans sa main, je décrète: "And now... now I'm ready." 

    C'est la rentrée, et je suis prête.

    *Dans le film "Trainspotting", de Danny Boyle.

Posté par annekdotas à 23:01 - Radote - Commentaires [2] - Permalien [#]
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