Chez Anne Hecquedote

Cruchotte, psychote et radote.

mardi 25 août 2009

Miss Anthrop, le retour en come-back

J'ai beau savoir qu'il faut sept départs pour réussir à partir...

J'ai beau savoir qu'il n'y a pas grand-chose, du moins pas assez, pour accueillir les femmes qui partent...

J'ai beau savoir que l'angoisse paralyse...

J'ai beau savoir qu'on n'aide que ceux qui le veulent...

J'ai beau me douter que la situation administrative de cette personne n'est peut-être pas très officielle...

Je ne peux m'empêcher de maudire et mépriser cette femme qui est très forte pour ameuter le quartier parce que sa vie est en danger, mais qui n'est pas fichue d'appeler les flics alors qu'elle a un portable dans la main.

C'est moi qui les ai appelés, et ils ont envoyé, pour d'obscures raisons, les pompiers. Mais elle ne leur a rien dit. Je ne suis même pas sûre qu'elle se soit montrée.

Je me mets dans la mouise pour l'aider, car je ne doute pas que les représailles de la part de sa chère famille soient possibles et elle n'en profite pas. 

Plus que jamais, je maudis la stupide souffrance que les humains savent s'infliger. 

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...

Il faut vraiment, vraiment, vraiment que je me casse d'ici... avant que l'on ne me casse, moi...




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lundi 3 novembre 2008

Pazza Pizza, fin

Me voilà donc, devisant joyeusement avec un gentil garçon rencontré par hasard, en train d'arpenter la Corniche de Massalia. Mais qui vis-je, là-bas?

Une ancienne camarade de loisirs. Je ne suis pas ravie, mais soyons polie.

"Oh, Anne! ça fait super longtemps! la dernière fois que je t'ai vue, tu allais changer de vie.

-Oui, euuuh, bon... changer de vie, c'est un bien grand mot, j'allais juste larguer mon copain, hein... alors, euuuh, Gavrilo, Amel, Amel, Gavrilo*.

Le jeune Lutécien salua courtoisement.

"Ah oui, Gavrilo! je me souviens, tu m'avais beaucoup parlé de lui!

-Ah non, c'est pas possible, dis-je en ne manquant pas de m'esclaffer intérieurement.

-Mais si!

-Ah, cela m'étonnerait, dit le jeune homme, qui doit bien rire lui aussi.

-Ca doit faire une heure qu'on se connaît.

-Ah oui? Comme c'est mignoooon! glousse-t-elle, la voix pleine de sous-entendus.

Après les banalités d'usage, nous prenons congé. Elle conclut: "Bon, ben, salut, Anne... prends bien soin de toi... et de Gavrilo!"

Oui, oui, c'est ça.

Nous revînmes en riant vers le centre. La nuit s'avançant de plus en plus, nous nous souhaitâmes bonne route et chacun repartit de son côté. Sans mails ni numéros de téléphone, parce que nous ne nous demandâmes ni l'un ni l'autre. 

Je songe vaguement que la soirée était bonne. Et offrir une pizza est bien plus drôle qu'un câlin à un inconnu.

Il est donc inutile d'en tuer la saveur de cette éphémère rencontre en précisant qu'une fois chez moi, je vis que j'avais un morceau de pizza coincé entre les dents...

*Les prénoms sont modifiés.

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mercredi 29 octobre 2008

Pazza Pizza, I

    Ecoeurée jusqu'au tréfonds de mes moëlles par la journée, comme prévu, ce soir-là, je ne pus pas rentrer chez moi tout de suite.

    Donc, je tardai en écoutant les profs discuter, puis, quand je ne pus plus faire autrement, je partis, esseulée et tristounette.

    J'ai besoin d'oublier, mais je ne veux pas boire. Que faire? Un ciné? Seule, encore? Non, j'ai déjà fait. Me saoûler dignement au whisky-soda? Seule? Dangereux, quand même...

    Et puis, j'ai faim. J'ai même plus que faim: je veux une pizza. Cela fait un moment que je n'en ai plus mangé.

    "Puisque c'est comme ça, je vais acheter une pizza, pensai-je sur le ton d'une capricieuse minotte. Et je vais la manger devant l'Abbaye. Et comme je n'arriverai pas à la finir, je donnerai ce qu'il reste à quelqu'un. Na. Et je rentre pas, tant que j'ai pas fourgué ma pizza."

    Aussitôt pensé, aussitôt fait. J'achetai ma pizza dans une boui-bouizzeria, m'installai sur le parapet, et commençai à savourer mon repas.

    Le monsieur qui admirait la vue me remercia, mais il allait manger au restaurant. Le deuxième monsieur sourit et refusa poliment.

    "J'y arriverai jamais, les gens se méfient sûrement, peut-être qu'ils pensent que je vais leur filer des saletés dans une pizza pourrie?"

    Le groupe de jeunes refusa, mais me demanda dans un anglais hésitant où je l'avais achetée. Je leur indiquai la route avec mon accent de vache espagnole. Je les recroiserai une heure plus tard avec le même carton que moi.

    Un p'tit jeune! enfin, p'tit... mon âge, à peu près... Il admirait la vue, lui aussi. "Lui aussi"? Non, car ce n'est plus la vue sur le Port-Neuf que je regarde...

    "Bonsoir!
    -Bonsoir.
    -J'ai une pizza. 'Z'en voulez? J'arriverai pas à la terminer."

    Il s'approche.  Il va sûrement dire non.

    "Volontiers. En plus, j'étais en train de me demander où j'allais manger ce soir."

    Et bien voilà, demandez, et on vous nourrira. Cependant, je n'y crois pas trop: "Bon c'est au fromage, toute simple...  comme ça, rien ne me distrait du goût de la tomate." Il hocha la tête comme pour approuver mon choix.

    Nous bavardâmes.  C'est un Lutécien, de passage dans la cité. 

    "Y a du piment, si vous voulez.

    -Et vous faites ça souvent?

    -Non, c'est la première fois. J'avais envie de pizza, mais je voulais pas la manger seule. La pizza est un plat convivial et collectif, ajoutai-je d'un ton faussement docte.

    La pizza achevée, nous continuâmes à bavarder. La soirée était douce, nous nous promenâmes dans le quartier...

                                                                                                                                                     (A suivre)

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mardi 23 septembre 2008

LES ZROFS Dans notre collège

LES ZROFS Dans notre collège
Vidéo envoyée par leszrofs


Fichtre, 'y a de ces geeks profs! Voici les paroles:


Dans notre collège, on a un florilège
  D’expressions fleuries, qu’on se dit entre amis.
  Par exemple on n’dit pas : "Salut comment vas-tu ?"
  De loin on préfè’ra : "Bien ou quoi grosse tepu ?"
  De même on n’dit jamais : "Qu’est-ce que tu fais ce soir ?"
  Mais, "Tu téma la télé, espèce de gros bâtard ?"

   

Refrain :

   

C’est d’la littérature, c’est la contre-culture.
      Ah l’batard, ah l’crevard
      Ah l’tarba, ah l’veugra.
      C’est de la poésie, qui rend la vie jolie
      La taspé, j’la bédav’
      Le tarpé, j’le bouillav’
      …Ou l’inverse

   

Dans notre petit bahut, on célèbre Yourcenar
    Racine, Corneille, Camus, et aussi Blaise Cendrars

      

C’te meuf non mais t’as vu, j’la bouillav’ cette cegar
      Ouaille la barre de rire, avec ta tête de fonbou
      Y’as pas moye ta race ! l’aime pas les pakatous,
      Pi avec son keum, ça va faire des embrouilles
      Tu parles de ce cratère ? Moi je m’en bats les c...

   

Refrain

   

Ah l’bâtard, ah l’bâtard
      Au fond d’un couloir noir.
      Ah l’bâtard, ah l’bâtard
      Là où personne peut t’voir,
      Tu insultes un petit sixième, pour lui dire que tu l’aimes.

   

C’est ta façon à toi d’être gentil
      Tout l’monde parle comme ça dans ta téci
      Pourquoi toi tu f’rais autrement ?

Vous pouvez admirer l'oeuvre des justiciers de l'EN en cliquant là, juste là!

Pourquoi j'écris en italique? parce que je ne parviens pas à redresser la police, je suis une Cruche, moi...

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mercredi 17 septembre 2008

Les Nouveaux

    Cette année, les Sixièmes n'ont plus d'Etudes Dirigées, c'est-à-dire qu'ils ne passent plus une heure avec un assistant de l'enseignement chaque semaine pour faire les devoirs qu'ils n'amenaient jamais. Par contre, ma corporation est rattachée à des classes, chaque employé a la sienne et nous travaillerons ensemble sous la houlette d'un prof.

    Amis lecteurs, vous connaissiez la Sixième Fauve, la Sixième Jungle, et la Sixième Buisson. Aujourd'hui, la plupart de leurs protagonistes sont en Cinquième, ce qui me fait bien plaisir pour eux.

    Et cette année, nous avons une nouvelle cuvée de Sixième, un peu différente des autres.

    La Sixième Costume!

    La Sixième Costume représente la future élite de Mehdi Terranée. Germanophones depuis leur entrée au collège, ils représentent tout ce qu'il y a de mieux rabattu vers l'établissement par la Plus Importante*.

    Je suis rattachée à eux, ce qui signifie que je dois co-intervenir dans leur classe. Je passe dans certains de leurs cours, pour leur filer un coup de main, pour vérifier qu'ils ne font pas de gaffes dans leurs leçons, ou les aider à résoudre leurs exercices. Je suis une aide en bonus, si vous voulez.

    Quelle panique quand je suis avec eux! Ils sont vraiment bizarres. Ils sont déconcertants et originaux. Ils ne bavardent pas, ne piaulent pas, ne râlent pas, ne chantent pas, ne se battent pas, ne... ne... j'ai l'impression qu'il ne leur manque que le costume, d'où leur nom. Quand je passe entre les rangs vérifier que leur cours est bien pris, ils... ils... disent des trucs étranges... Monstre en spaghetti volants, comment dire...

    "Attention, tu as oublié une lettre, là.
    Une voix de chaton répond: -Ah oui. Merci."

    Et là, j'ouvre la bouche pour rétorquer:

    "Hého, tu me parles bien! je te respecte, alors tu me respectes, tu me parles pas comme ça, tu m'insultes, là!" Mais je la clos aussitôt, consciente que de toute façon, c'est le prof qui fait la discipline en co-intervention.

    Qu'à cela ne tienne, nous règlerons nos comptes dans la perm' ou dans la cour...

*La Principale. 

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jeudi 14 août 2008

"Je m'appelle Annie et je suis pervertie..."

(Le titre se lit sur l'air de "Rémi sans famille")

Au standard du journal:

"Le Daily Star, bonjour!

-Allô?

-Oui, le Daily Star, bonjour!

-Bonjour! je voudrais parler à M. Lonito.

-Euuuh... il n'y a personne ici à ce nom, Monsieur...

-Mais si, je l'ai vu au Championnat des Boules, il m'a donné ce numéro...

-Mais c'est une erreur, il n'y  personne à ce nom ici...

-C'est pas possible, Mademoiselle! je l'ai rencontré, je vous dis! Je suis Monsieur Hégésippe, et je fais partie d'un club de boules! J'ai rencontré ce monsieur, et je dois lui parler de boules!

(Comment ça, parler de boules?! déjà qu'un pervers m'a appelée il n'y a pas longtemps... "Bonjour, je vérifie mes fichiers de presse, le nom du deuxième rédac' chef commence bien par un P comme "pénis", c'est ça?")

-Oui mais, Monsieur, je vous le répète: il n'y a pas de M. Lonito, ici.

(très insistant)-Enfin, Mademoiselle! je vous dis que je veux parler au Monsieur des boules! mais c'est pas possible, ça! alors dites-moi: qui c'est qui s'occupe des boules?

(Euuuuh... Inkan? Lewis? Matoo, Cossaw? mais pourquoi je pense à eux là, c'est pas ce qu'on me demande, enfin, j'espère...)

-Bon alors Monsieur, je me trompe peut-être, le mieux, ce serait que vous rappeliez le Service Sports, mais il n'ouvre que l'après-midi...

(Le meilleur moment paraît-il... mais pourquoi je pense à ça, je suis pas bien, moi...)

-Vous dites que je dois appeler cet après-midi pour avoir le Monsieur qui s'occupe des boules?

(Pitié, arrêtez de dire ça, je n'en peux plus...)

-Oui, oui, rappelez cet après-midi...

-Et je demande le Monsieur des boules?

(Tenir, tenir, tenir sans m'esclaffer, je peux le faire, je suis une pro!)

-Ou... oui, oui, voilà. Vous demandez...  ce que vous voulez... Merci, et au revoir, Monsieur."

Après enquête, le Monsieur se trompait de nom, d'où mon incompréhension. De toute façon, le monsieur "qui s'occupe de la pétanque" était en congé...

Posté par annekdotas à 09:02 - Les Autres - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 30 juillet 2008

Rendez-vous avec l'Histoire

Quand ils ne sont pas trop lents ou énervés, j'aime bien quand les pépés et les mémés téléphonent.

"Le Daily Star, bonjour!
-Oui! je veux parler au journaliste qui s'occupe de l'éphémérideu!
-Euuh, à quel sujet, Monsieur?
-Parce que demaing, c'est la mort de St-Exupéry! je le sais, j'y étais, je l'ai vu!
-Ah, très bien, je note...
-Parce que vous comprenez, mon appartemengt, il surplombe toute la rade de La Ciotat!  Et alors, je l'ai vu, pris en chasse par l'Allemangd,  qui a tiré sur l'avillong, là, et  voilà...  il était 12h30, je l'ai vu!
(très pro)-12h30, je note...
-Je m'appelle Monsieur Kallisteu*! A 12h30!  parce que vous comprenez, de chez moi, on voit toute La Ciotat! Alors, il faut dire au journaliste de le mettre dans l'éphémérideu!
-Très bien Monsieur, merci, je transmets..."

Vous voyez?  l'Histoire me téléphone pour paraître dans le journal...

*Nom modifié.

Posté par annekdotas à 23:39 - Les Autres - Commentaires [1] - Permalien [#]

Anna Chronique

Tiens, tiens... un journaliste me fit découvrir leur fanzine.

Fanzine que j'ai trouvé plutôt intéressant. Il contient du bon dessin à mon goût. Le journal me fait vaguement penser à Psykopat, moins "trash", cependant.

Je crois que je vais les suivre un peu, et peut-être même ajouter des liens...

Posté par annekdotas à 01:09 - Les Autres - Commentaires [0] - Permalien [#]
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dimanche 30 mars 2008

"Hého, hého, je fais un chouette boulot..."

smileComme je ne veux pas non plus déprimer Ether chaque fois qu'elle passe, je raconte un peu de positif.

1. Les p'tits Kurdes sont en bonne voie d'adaptation. Ils se sont habitués à moi, et me saluent avec de grands sourires.

2. L'Aide aux devoirs est un vaste bordel. Oui, je sais, ce n'est pas positif. Ce sont des heures tenues par les AP en fin de journée, pendants lesquelles on... aide les gamins à faire leurs devoirs et à apprendre leurs leçons, vous ne l'auriez pas deviné.

Mais la confusion en début d'année a été totale et complète, entre les "c'est pas obligatoire", "c'est pas mis en place" "ah mais en fait, ce sont les profs qui le font" "on s'inscrit sur un cahier introuvable", aucun élève ne vient donc se faire aider.

Heureusement, Mme Arts Plastiques vient me voir: "Dis, j'ai des Cinquièmes qui veulent faire l'Aide aux devoirs... qui c'est qui s'en occupe ?"

Une collègue et moi. Enfin, normalement. Bah, tu leur dis, et puis on voit.

Deux heures plus tard: "Ca y est, je leur ai dit. C'est toi qu'elles veulent.

-Mais je les connais même pas !

-Ben apparemment, elles, si."

J'adore cette sensation de lâche orgueil qui m'envahit à chaque fois. Cependant, je n'oublie point que le nouveau défi sera de les aider de façon efficace...

Posté par annekdotas à 18:10 - Les Autres - Commentaires [3] - Permalien [#]
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