Chez Anne Hecquedote

Cruchotte, psychote et radote.

vendredi 29 mai 2009

Le progrès

   Vous rappelez-vous de L.? L., qui ne savait ni lire, ni écrire? Et bien, il ne savait non plus que les profs devaient être vouvoyés. Ses cousins l'ignorent également. Moi, ce n'est pas obligatoire de me vouvoyer, mais cela n'a pas d'importance.

   L. a fait des progrès terribles! Grâce à une prise en charge adaptée, il arrive désormais à déchiffrer quelques mots, et à les reconstituer. Il est absent beaucoup moins souvent, et il est plus concentré quand il est là.

   Et, quand je lui ai demandé d'aller se ranger parce que la sonnerie avait retenti depuis belle lurette, il me répondit: "Cassez-vous". Vous rendez-vous compte?

   Non mais, vous rendez-vous compte?

   Vous ne vous rendez pas compte? C'est pourtant remarquable!

   Allons, un petit effort! Ne voyez-vous pas ce qui est extraordinaire?

   Très bien. Je vous le dis, après tout, vous ne connaissez pas cet élève. C'est donc plus dur pour vous, de remarquer ce qu'il y a de merveilleux.

   L. a appris à vouvoyer alors qu'il ne savait pas du tout le faire! Il tutoyait même les enseignants, ne sachant pas du tout dire vous, ni conjuguer un verbe à cette personne. Dorénavant, il en est capable! Bravo à lui! Honneur, joie et liesse pour nous!

Posté par annekdotas à 17:58 - Radote - Commentaires [1] - Permalien [#]

jeudi 28 mai 2009

De la bombe

De la salle des profs, je vis, comme dans un documentaire, un gros banc d'élèves foncer à toute vitesse d'un point A (le devant de la fenêtre par laquelle je les observais) à un point B (n'importe où en face pourvu qu'on ne reste pas dans le secteur).

Intriguée, car nul requin ne les convoitait, je sortis et compris aussitôt. Nez et yeux qui piquent, éternuments, léger saignement... ça, c'est un nuage qui est sorti de sa bombe lacrymo.

Tout le monde va bien, je vous rassure. Certains se plaignirent des picotements, beaucoup en rajoutèrent des tonnes pour faire croire à une irradiation tchernobylienne; malheureusement, si nous avions de sérieux doutes sur le ou la coupable, nous ne pûmes le ou la démasquer.

Une petiote me dit: "Mais ils sont fous, un jour, ils vont ramener des couteaux!"

Je n'ai pas osé lui dire que c'était déjà arrivé... 

Posté par annekdotas à 19:05 - Radote - Commentaires [2] - Permalien [#]
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