Chez Anne Hecquedote

Cruchotte, psychote et radote.

lundi 23 mars 2009

Les mots doux

    "Anne LePen!" " Raciste!"

    Tels furent les mots doux du jour.

    A vrai dire, je ne leur en veux même pas: je sais que les vrais racistes, ce sont eux. Je sais qu'ils sont cons, de cette bêtise qui fait faire et dire les pires abominations, par ignorance, pour rien, comme ça, parce que ça les amuse. Parfois, je songe que ce sont des incarnations de l'Absurde.

    Je m'en veux surtout à moi, pas fichue de retrouver le recul nécessaire pour conserver un calme olympien et ne pas me laisser atteindre.Le contrecoup du concours, je suppose.

    Deux semaines. Je me donne deux semaines.

    Si je ne vois pas d'amélioration, je postule dans le privé. Et donnerai ma démission.

    Tant pis, s'ils gagnent.

    De toute façon, même s'ils gagnent... ils perdent.

    Parce qu'un crachat dans la main qui vous est tendue n'est pas exactement l'image que je me fais d'une brillante victoire. 

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mardi 17 mars 2009

En concours

Mmh? comment ça se passe?

Très très bof.

Ma table est à gauche du mur de droite, du coup, comme je suis droitière -et ce, quoi qu'en dise mon écriture de gauchère- mon coude se cogne à la cloison.

Ensuite, comme je n'en rate pas une pour me faire remarquer, mon ventre émet de hideux gargouillis. Certes, je ne suis pas là pour draguer ni pour faire le concours du concours le plus glamour, mais ça colle un peu la honte. Allez-y, rigolez. J'aimerais vous y voir, vous, courbé en deux sur une feuille pendant quatre ou six heures.

J'ai rendu l'une de mes copies avec une étrange sensation de liberté. En revenant à ma place pour y récupérer mes affaires, je me rendis compte que cette liberté étrange n'était pas le fruit de la fin de l'épreuve, mais celui de l'oubli du reboutonnage de mon pantalon. Et oui, pour limiter les maux de ventre pendant le supplice, je l'avais en partie déboutonné, tant que je reste assise, personne ne le voit.

Les épreuves, ça creuse. Je partis donc à la recherche d'un sandouitche. La boulangère n'en ayant plus à mon goût, je la saluai d'un "Merci, bonne soirée". A 15h12.

Les épreuves en elles-mêmes? Comme Homer Simpson devant Twin Peaks: "J'comprends rien à cette série".

J'ai hâte que cela finisse pour penser et passer à autre chose. Parce que là... je ne suis même pas admissible que j'en ai déjà assez de l'Education Nationale.

Posté par annekdotas à 17:03 - Egote - Commentaires [3] - Permalien [#]

dimanche 15 mars 2009

"Les monologues du vagin"

    Et oui, il n'y a pas que les classiques dans la vie. Je reviens donc du théâtre où j'assistai à une représentation de cette pièce légendaire.

    J'ai cru qu'il s'agissait d'un texte un peu fade, avec de l'humour facile, quelque chose de superficiel pour se vendre vite et bien. Si grande est ma naïveté que j'ai cru que les textes narraient l'histoire d'un vagin parlant à la première personne! Je me demandais ce qu'il pouvait bien dire?

    Je me trompais, et pas qu'un peu. Je suis une Cruche, ne l'oublions pas.

    Elles étaient quatre ce soir, mais, si leur nombre peut varier, le fond reste le même: des actrices, qui prennent la voix de femmes parlant de leur vagin.

    Disons-le, il y a bien une part de voyeurisme. Nous parlons entre copines. Pourquoi donc aller voir les témoignages d'autres femmes?

    Mais parce qu'entre copines, on ne se dit pas tout. De même qu'il n'y a pas deux femmes identiques, de même il n'y a pas deux histoires semblables, et pourtant, nous ne nous racontons pas les liens entretenus avec notre intimité. Pas de cette façon-là, pas de façon aussi entière.

    J'ai découvert un texte drôle et émouvant, sonnant toujours juste. Poétique sans emphase, il montre tous les femme_nuepossibles du vagin: le plus grand des bonheurs et la pire des souffrances, le paradis et le champ de ruines, en passant par tout ce qu'il y a entre les deux, les découvertes, les anecdotes, les malentendus drôles ou dramatiques.

    Lorsque les actrices revinrent sur scène en claquant des mains, nous ne comprîmes pas. Etait-ce un nouveau jeu de scène? Non, c'était fini, elles nous demandaient d'applaudir. Le public s'empressa de réparer son retard.

    Pour conclure la soirée, il manquait un débat ou un dialogue avec les actrices, non pas celles de la pièce, mais celles du Planning Familial. Le sujet est tellement riche et complexe qu'il était dommage de s'en tenir là.   

    Les hommes qui nous accompagnaient nous demandèrent: "Vous êtes sûres qu'on a le droit de voir cette pièce? Parce que... 'y'a quand même quasiment que des femmes, hein..."

    Mais oui. Et c'est dommage, d'ailleurs, qu'il n'y ait que si peu d'hommes. Parce que l'une des grandes forces de ce texte, c'est qu'il n'accable jamais nos amis les hommes. Et les récits prouvent que les femmes, aussi bien que les hommes, peuvent être coupables d'ignorance ou de cruauté envers leurs filles.

   Je conclus en songeant qu'il ne faut pas lire ce texte. Il faut le voir avant.

   Ah non, j'ai pas fini, j'ai une question.

   Pourquoi certaines mères giflent-elles leurs filles quand elles sont réglées pour la première fois? Si quelqu'un ou quelqu'une, habitué(e) de ces lieux ou non, pouvait me l'expliquer par commentaire ou par mail, j'en serai très reconnaissante, merci beaucoup.

Merci à Jack pour m'avoir gentiment autorisée à copier son image dans un but illustratif. Et merci à vous de ne pas la copier sans son autorisation.

Posté par annekdotas à 09:15 - Littéradote - Commentaires [3] - Permalien [#]
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mercredi 11 mars 2009

"Le rebelle"

Je ne lis pas la poésie comme la prose. J'ai besoin de l'isoler, de m'en séparer rapidement pour l'apprécier. J'ouvre le recueil, n'importe où, lis un poème, rien qu'un, et songe rêveusement au texte rencontré au hasard.

Un Ange furieux fond du ciel comme un aigle,
Du mécréant saisit à plein poing les cheveux,
Et dit, le secouant: "Tu connaîtras la règle!
(Car je suis ton bon Ange, entends-tu?) Je le veux!

Sache qu'il faut aimer, sans faire la grimace,
Le pauvre, le méchant, le tortu, l'hébété,
Pour que tu puisses faire à Jésus, quand il passe,
Un tapis triomphal avec ta charité.

Tel est l'Amour! Avant que ton coeur ne se blase,
A la gloire de Dieu rallume ton extase;
C'est la Volupté vraie aux durables appas!"

Et l'Ange, châtiant, ma foi! autant qu'il aime,
De ses poings de géant torture l'anathème;
Mais le damné répond toujours: "Je ne veux pas!"

Baudelaire, "Les Fleurs du Mal".

Posté par annekdotas à 21:21 - Littéradote - Commentaires [2] - Permalien [#]
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lundi 9 mars 2009

Musiques de ma vie

Ménon a raison, l'idée est amusante. Je joue donc ^^

Générique (opening, ai-je envie de dire): Salut à toi, les Béruriers Noirs

Naissance: "Eres uno màs" de Ska-P

Réveil: "Encore un matin", JJ Goldman

Un jour normal: Sunday bloody Sunday, U2

La ville: "Gare aux cons", de Koxie

Printemps: Tamacun, Rodrigo y Gabriela

Eté: Salsa, Yuri Buenaventura

Automne: Gas Panic, Oasis

Hiver: "La fête approche", The nightmare before Christmas

Tomber amoureuse: Maar Dhala

Être amoureuse: Seul et célibataire, Fatals Picards.

Se marier: Fatals Picards, Le mariage de Kevin et ma soeur

Jalousie: Second sight, Placebo

Se quitter: Je ne t'aime plus, mon amour, Manu Chao

Se réconcilier: Without you I'm nothing, Placebo.

Une longue nuit seule: Lazy, de Noir Désir

Cassure: Home sweet home, de Zazie. Même si je préfère la version de l'album, plus sobre.

Pétage de plombs: How to disappear completely, Radiohead. 

En conduisant: Bad habit, Offspring. 

Sur la plage: Je suis peut-être, Akhénaton

Une pensée profonde: Dumb, K. Cobain

Tout va mieux: Intervention, Arcade Fire.

Crépuscule: ...

La nuit: Thriller, Mickaël Jackson

A l'aube: Pure Morning, de Placebo

Danse: Dola Re Dola

Retomber en enfance: Je ne mets pas le titre. Essayez de deviner, plutôt. Allons, c'est facile: what else

Regret: Lilium.

Espoir: My beloved monster and me, d'Eels

Mélancolie: No surprises, Radiohead

Nostalgie: Un ano de amor, Luz Casals

La mort: Ding dong, the witch is dead, Klaus Nomi

Générique de fin: Love life, des Ruttles

Posté par annekdotas à 23:26 - Audiote - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 4 mars 2009

Sida et seringue dans ma boîte

    "Oh, une chaîne. Ah, je vais lire, je lis quand c'est alarmiste... mais... que...

    HYAAAAAAAAAAAGGGGHHHHH!!!! B****** DE F******, C****** S******!" m'écriai-je, furibarde.

    Car je reçus l'une des chaînes la mieux à même de me remplir (et il y a de la place, une Cruche, c'est plein de vide) de rage. 

    Soucieux de sauver ma vie, ce texte me dit que les cinéphiles et les amoureux des bancs publics font partie d'une population à risque de VIH: en effet, habitués qu'ils sont à poser leurs postérieurs sans faire attention où ils le mettent, ils se retrouvent piqués par des seringues infectées et par conséquent, contaminés par un effrayant virus.

    Je décidai de taper une réponse que je transmis à ceux qui auront eu le malheur de lire pareilles foutaises. Je ne résiste pas à la tentation de la réécrire et de la publier dans cet océan de vide qu'est le Net.

À Lyon, dans une boîte de nuit, (Titan), des personnes ont eu une aiguille plantée dans le bras par un gars rigolant leur disant 'ça y est t'es avec nous, t'a le SIDA'.

    Cela commence donc de façon classique, avec un nom de ville connu histoire que ça parle "si ça s'est passé à un endroit qui existe, c'est que c'est vrai". Le nom de la boîte, personne n'ira vérifier s'il existe, et même s'il existe, c'est très facile d'en trouver un. Moi, je pourrais vous parler du Trolleybus ou du Poste à Galène, mais qui ça intéresse? et puis je n'y vais plus de toute façon (quoique je me referais bien une soirée années 80 au Poste…).

    Ensuite, planter une aiguille dans un bras... vous avez idée de la douleur que ça représente? de la panique qui s'ensuivrait, parce que ce n'est pas assez handicapant pour s'empêcher de se battre? Sachant que les boîtes de nuit sont des espaces clos et confinés, il est un peu obligé que la soirée dégénère, effet de panique aidant.

     Et... vous vous croyez que c'est possible, ça, un fait divers aussi important qui n'est pas au JT? Allons, allons, un peu de sérieux.

    Un aspect nettement moins drôle se trouve dans l’entretien du mythe du méchant séropo qui veut contaminer le Monde. Vous comprenez, tous les témoignages que vous lirez iront dans ce sens: le nouvellement contaminé veut entraîner tous les séronégatifs dans sa chute, il ne se sentira ni suicidaire, ni coupable, ni responsable, ni honteux de sa maladie... (ironie, bien sûr)

Il y a quelques semaines de cela, dans un cinéma, une personne s'est assise sur quelque chose de piquant sur un des sièges.

Lorsqu'elle s'est relevée pour voir de quoi il s'agissait,
elle a trouvé une aiguille plantée à travers le
siège avec une note attachée disant :

'Vous venez d'être infecté par le VIH'.

    Waouh! Qu’est-ce qu’ils se sont améliorés, les tests, pour être aussi sommaires et catégoriques! Et disponibles sur un siège de ciné! Décidément, on n’arrête pas le progrès.

    Blague à part, vous venez de lire une légende urbaine qui court depuis 1990. Et depuis 1990, aucun cinéphile n’a été contaminé en s’adonnant à sa passion, ce n’est pourtant pas faute d’avoir vu des navets depuis!

     En revanche, des cinéphiles contaminés pour avoir eu des rapports sexuels sans capote dans une salle, ça doit exister, mais allez savoir pourquoi, ça ne fait pas fantasmer dans les chains-mails. Peut-être parce que le plan « dans une salle de cinéma » est trop connu?

    Toujours plus sérieusement: la contamination est impossible par ce biais.

    Pourquoi?

    Parce qu’une piqûre ne suffit pas, parce que le VIH est fragile et ne survit pas à l’air libre, ni à une autre température que celle du corps, et qu’enfin, il faut une injection pour le faire entrer dans une veine, pas une simple piqûre, ni une éraflure.

    Par contre, se piquer avec une vieille aiguille comporte de sérieux risques de tétanos et d’hépatite C. Et on peut en mourir, de ça aussi.

Le Centre de Contrôle des Maladies rapporte plusieurs
événements similaires dans plusieurs autres villes récemment.

Toutes les aiguilles testées sont positives VIH.

    Agrémentez votre rumeur de quelques louches de complot de méchants prêts à faire du mal aux bonnes gens, cela aide à faire passer votre message de peur, émotion qui bloque toute réflexion et analyse.

Le Centre rapporte qu'on a trouvé des aiguilles aussi dans les retours de monnaie de distributeurs publics.

Ils demandent à tout le monde d'user d'une Extrême
prudence quand vous serez confronté à ce genre de situation.

    Ah bon. Alors c’est rigolo, mais la prudence veut, que, lorsqu’on a pris un risque, on aille aux urgences prendre une tri préventive. Et ce mail n’en dit rien du tout, je ne vois donc pas en quoi il est utile.

    Rhôôôôh, je suis mauvaise langue. En fait, il faut être d’une extrême prudence quand on pose son derrière quelque part. « On va s’asseoir? -Mais t’es pas fou, m’enfin, tu sais pas que tu risques de choper le Sida?! »

   Ensuite, "le Centre"? "Le Centre..." ça me dit quelque chose... Mais bien sûr, c'est Le Centre! Bon, vous en pensez ce que vous voulez, moi, je n'ai pas confiance dans les organismes secrets pas fichus de séquestrer proprement quelqu'un.

L'information mentionnée ci-dessus a été envoyée par la
police municipale de la Ville d'Issy Les Moulineaux à tous les départements d'Ile de France qui ont diffusé la nouvelle dans toutes les villes.

    La police c’est bien, ça rajoute de l’autorité. Sérieusement, si le danger de santé publique était réel, pourquoi le ministère de la Santé n’aurait rien dit ou fait? Qu’un canard éternue et on a droit sur toutes les chaînes à toute l’info possible sur la grippe aviaire. Pourquoi cela serait-il différent devant des contamineurs en série?

Pense que tu peux sauver une
vie juste en redistribuant ceci.

Tu peux surtout alimenter la peur et la discrimination des séropos, et contribuer à l’ignorance des modes de contamination.

S.V.P. prends quelques secondes de ton temps pour faire
passer le message.

C’est fait. Mais à MA façon.

Vous voulez vous protéger? Mettez des préservatifs.

Pour tout renseignement supplémentaire:

Who d'you gonna call? Hoaxbuster!

Et on peut causer là quand on a une question: clique-moi.

Posté par annekdotas à 10:51 - Radote - Commentaires [6] - Permalien [#]
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