Chez Anne Hecquedote

Cruchotte, psychote et radote.

mardi 30 septembre 2008

G-Pério... et la disparition de journaux!

Ann a appelé G-Pério pour résoudre une difficile affaire de journaux mystérieusement disparus! Le légendaire justicier de la Presse sera-t-il à la hauteur? vous le saurez en lisant la suite de ces folles aventures!

    G-Pério file comme l'éclair vers Marticum, là où les journaux furent vus pour la dernière fois.

    "Les ennemis du Daily Star sont nombreux! Lequel d'entre eux a pu faire preuve d'une telle bassesse? Je vais voir du côté de leur concurrent direct... l'Epitaph!"

    G-Pério se dissimule habilement dans leur centre de dépôt. Les porteurs boivent ensemble un café, histoire de se donner du courage avant de commencer la tournée.

    "Vous avez entendu la rumeur? 'y paraît que le transporteur du Daily Star a été braqué.

    -Comment tu le sais?

    -Bah! tout se sait dans le milieu!

    -En tout cas, ça sera pas bon pour leurs affaires, ça... par contre, ça va bien faire les nôtres! Déjà que le Daily Star n'est lu que par des Poilus!

    -Les rires gras de ces sombres sbires à la solde d'une piètre feuille de chou m'insupportent! s'écrie notre héros.  Vous méritez une correction!

    -Damned!

    -Peuchère!

    -Mais non, là, tu dis "le pôvre". Nous, on est les sbires, on doit jurer.

    -Ah pardon! alors euuuh... "Il va nous escagasser encore longtemps, çui-là?" Voilà, ça va, là?

    -C'est pas super-pêchu, mais on fera avec.

    -Voilà bien une conduite de Massaliotes, toujours à palabrer dans un sabir incompréhensible! Amenez-vous, les durs!" s'impatiente notre héros.

    Les quatre livreurs, sans prendre le temps de se demander la signification de "palabrer",  se jettent sur lui dans le fol et vain espoir de le maîtriser! Mais G-Pério, qui connaît bien son métier, ne leur laisse pas le temps de l'atteindre et les ligote avec la ficelle plastique à journaux qui sort de ses paumes!

    -J'ai pas le temps de jouer avec vous! chaque minute compte pour un défenseur de la Presse! Et toi, puisque tu sembles d'ailleurs bien informé... tu vas me dire tout ce que tu sais sur ce braquage!

    -Attendez!  On peut trouver ça monstrueux, mais tout ce que je fais, je le fais pour être heureux!

    -Tes belles phrases ne m'expliquent pas comment tu as su avant tout le monde!

    -Non! je balance pas!

    -D'accord. On verra si tu changes d'avis après l'ingestion de quelques litres d'encre.

    -Non, pas ça! je vais parler! C'est le cousin de la concierge de l'immeuble de ma mère qui m'a dit  qu'un coup se préparait... et j'ai croisé les sbires pendant qu'ils faisaient leur truc!

    -Qui a fait le coup? QUI?

    -Jeje je sais pas... ils m'ont pas dit, et m'ont offert un boulot qui paierait mieux si je les vendais pas! ils doivent me recontacter, qu'ils ont dit! Pitié! ma mère est vieille et malade, ma soeur fait des ménages pour survivre, quant à mon père, il est parti quand j'avais deux ans et demi..."

    "Il ne ment pas" songe G-Pério qui sait démêler l'info de l'intox. "J'ai jugé trop vite, l'Epitaph n'est pas impliqué!"

    Quand, ayant achevé le récit-fleuve de sa vie, le livreur-frimeur rouvrit les yeux, G-Pério était parti...

    Nous le retrouvons en train de voler au-dessus des toits:

    "Si l'Epitaph n'est pas impliqué, alors il ne reste plus qu'un organisme sur la liste des suspects...  c'est un coup de mon ennemi de toujours... qui a déjà bien affaibli l'industrie de la publication! Mais ce n'est pas grave! je crois savoir où le trouver!"

G-Pério va-t-il réussir? Qui est le mystérieux super-méchant? est-il trop tard pour les trois cents otages de papier? Vous le saurez en lisant les prochaines aventures de G-Pério, le super-héros des journaux!

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vendredi 26 septembre 2008

"Devdas"

    J'avais préparé des tas de phrases pour dire que Devdas, c'est bien; tout en étant niais et mièvre sur le jeu des acteurs, il donne un spectacle époustouflant de beauté avec un message d'égalité et de fraternité dedans.  Enfin, peut-être que je trouve le spectacle beau parce que je suis une fille, et les filles, vous savez ce que c'est: dès qu'il y a un peu de beaux saris ou du beau maquillage, elles gloussent ensemble "Ohlàlàààà, c'est trop bôôôôô", la voix vaguement teinte de jalousie de n'avoir pas de tels ornements ou de ne pas savoir danser de façon orientale.

    Et puis j'ai plus envie de reprendre mon post d'origine, parce que des élèves m'ont insultée, engueulée, ordonnée, et là, je suis un peu fatiguée. J'ai aussi voulu séparer des gamins ("gamins..." le moins grand fait cinq centimètres de plus que moi) qui jouaient à la bagarre et qui ne voulaient pas s'arrêter  en dépit de mes injonctions, et bien, croyez-le, croyez-le-pas,   ils m'ont insultée parce que je les empêchais de se faire mal, et le pire, je dis bien, le pire... c'est qu'en les agrippant pour les séparer, je me suis retourné un ongle. Mais dans quel monde on vit, je vous le demande! C'est inadmissible! Le T-shirt qui a fait de la résistance aura un rapport pour violences graves sur ongle adulte.

Alors, avant de me mater Heroes et de songer que jamais super-vilain n'aura été aussi charmant que Sylar même si je veux me marier avec Mohinder (enfin, vu le boulot qu'il a, je ne le verrais pas souvent...), je me relaxe. Et j'ai envie de parler quand même de Devdas, je le fais donc, mais brièvement.

    Devdas revient dans son village (ils appellent ça "village", mais ça ressemble à un Beverly Hills indien) après dix ans d'absence. Il est devenu un beau (ou considéré comme tel) jeune homme. Il retrouve sa famille, bien sûr, mais aussi Paro, son amie d'enfance qui a bien grandi et est devenue une superbe jeune femme. Celle-ci est d'une classe inférieure, et la famille de Devdas s'oppose à leurs épousailles... Paro se marie à un autre homme, Devdas sombre dans l'alcool et rencontre Chandramukhi, une prostituée... parviendra-t-elle à s'en faire aimer?

    Alors, dit comme ça, l'intrigue a l'air simplissime, et ce n'est pas faux. Mais l'histoire est bien plus complexe que ce simple résumé... des rancunes familiales et amoureuses, de mesquines jalousies de voisinage y ont bonne place. Et moi, je poste l'une des mes chansons préférées, celle où Chandramukhi chante son amour pour le héros... Admirez, s'il vous plaît, la grâce avec laquelle   elle se moque de Kali, qui avait parié que Devdas ne reviendrait pas la voir, et lui ordonne de quitter les lieux...

    C'est donc à mourir de rire devant tant de niaiserie, et pourtant, j'ai pleuré: le film émerveille

"Car jamais histoire ne fut plus douloureuse que celle de Devdas et de sa Paro".



Devdas - Maar Dala FR
envoyé par AldousH

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G-Pério entre en scène!

Ann Cruchotte, alarmée par la disparition d'un nombre important de journaux, a allumé le Jourgnal, le signal d'appel du sauveur de la Presse! Mais où donc se trouve-t-il? Vous le saurez en lisant la suite du fabuleux et fantastique... G-Pério!

Pendant qu'Ann s'inquiète, un homme volant dépose avec délicatesse deux hommes sur un sol situé à quelques milliers de kilomètres de Massalia.

"Voilà! vous êtes enfin libres, dans un pays libre!

-G-Pério... comment vous remercier de nous avoir tirés des geôles castristes?

-Utilisez votre liberté! continuez à militer, votre cause est noble! ce sera ma plus belle récompense! Je dois vous quitter, Messieurs, d'autres ont besoin de moi! Adieu!

-Adieu, et merci, G-Pério!"

Et G-Pério s'envole... "Quelle joie d'avoir pu libérer ces journalistes! Ce sera plus facile pour eux de militer contre la discrimination des homosexuels noirs, maintenant qu'ils sont au Texas! Oh-oh... mais que vois-je, là-bas, de l'autre côté de l'océan?  Quelqu'un a allumé le Jourgnal!  J'y fonce, à la vitesse de transmission d'un mail!" 

Quelques minutes plus tard, il atterrit devant le Daily Star.

"G-Pério! Vous avez vu notre Jourgnal!

-C'était un peu dur de faire autrement, vu que tout le quartier est dans le noir! vous devriez appeler un électricien!

-Oui, mais à cette heure-ci, il n'y a personne au service Technique. Mais trève de détails triviaux. Nous avons besoin besoin de vous! On a une disparition, et on parle de trois cents otages!

-Trois cents?!

-Oui, comme le navet!

-Drôle de nom pour un légume.

-Bref, nous sommes dans la détresse, vous seul pouvez nous sauver!

-Où la disparition est-elle signalée?

-Aux alentours de Marticum! Faites vite, je vous en pr..."

Ann n'a pas fini sa phrase que G-Pério est déjà parti...

Erreur! c'était une fausse sortie! le voilà qui entre de nouveau dans le hall du Daily Star:

"Euuuh... en fait, j'ai volé super vite des States, et j'ai un peu faim... j'peux vous prendre un Chocahouète*, s'il vous plaît?

-Oh ben allez-y, servez-vous, vous pouvez même en prendre plusieurs, j'ai pris le paquet de cent grammes...

-Merci, c'est sympa! et maintenant... je file!

Et il  s'envole... 

"Bonne chance, G-Pério.  Que le Monstre en Spaghetti Volants vous assiste!"

                                                                                                                                                               

(A suivre...)

*Le bonbon qui fond dans la bouche, mais pas au micro-ondes.

Posté par annekdotas à 10:32 - Cruchote - Commentaires [1] - Permalien [#]
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mercredi 24 septembre 2008

L'appel de G-Pério!

    Comme promis, voici en ligne le premier épisode des fabuleuses aventures de... G-Pério, le sauveur de journaux! Bonne lecture!

Un dimanche, à 6h30. La cité, à l'exception des noceurs, semble totalement endormie... Toute? Non! Une irréductible Cruche lutte encore et toujours contre la torpeur. Mais celle-ci finit par être la plus forte, et notre personnage sombre...

    Toutefois, même endormie, son 6ème sens de standardiste reste en éveil: au moindre bruit de moteur s'approchant du journal, la voilà réveillée pour donner ses paquets au livreur.

    "Pfffff, j'en peux plus... j'ai trop sommeil, là... mais il faut bien que je cumule les petits boulots pour m'en sortir! Plutôt mourir d'épuisement que de demander de l'aide à Oncle Auguste! Après, tout, je me suis toujours débrouillée sans lui, ça doit continuer... Heureusement, j'ai de la bonne lecture pour passer le temps!"

    Soudain, rompant le calme du matin tranquille, le téléphone sonne! Si nous étions dans un comic, nous aurions pu vous le montrer avec le lettrage terrible d'une onomatopée qui prendrait la moitié de la vignette, mais nous sommes dans un blog sans dessins, alors on se contente de dire que le téléphone sonne.

    Ann Cruchotte est une pro: "Le Daily Star, bonjour! Oui... oui... Hun-hun... très bien, restez en ligne, je vais voir tout de suite."

    Ann s'élance vers l'imprimerie. "Je ne comprends pas! je suis passée en arrivant dans l'imprimerie, et il ne restait aucun paquet! Non, il ne reste vraiment rien aux expéditions! 300 journaux ne peuvent pas se perdre comme ça, quand même..."

    Elle reprend le téléphone: "Je suis désolée, vos paquets ne sont pas restés là, j'ai bien tout fouillé... oui, je note votre numéro..." Elle raccroche.

    "Cette disparition est bizarre! Il doit y avoir un problème avec le transporteur! En temps normal, Super-Cruche s'en serait occupée... mais je ne peux pas quitter mon poste! Ah, que faire? j'enrage de me trouver si impuissante... tant pis! je n'ai pas le choix! je vais allumer le Jourgnal..."

    Le Jourgnal est un signal non-lumineux conçu pour alerter le super-héros. Il s'allume en éteignant l'enseigne lumineuse d'un établissement de presse. Intrigué par l'obscurité ainsi faite dans le monde du journalisme, le héros vole littéralement aux nouvelles, le tout en moins de temps qu'il n'en faut pour recevoir une dépêche AFP.

    Notre héroïne ouvre ce qui semble être une boîte à disjoncteur et pianote sur de mystérieux boutons...

    A l'extérieur, l'enseigne du Daily Star clignote un peu... puis s'éteint.

    "G-Pério! venez vite!" prie mentalement la Cruche.

                                                                                                                                                                    (A suivre...)

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mardi 23 septembre 2008

LES ZROFS Dans notre collège

LES ZROFS Dans notre collège
Vidéo envoyée par leszrofs


Fichtre, 'y a de ces geeks profs! Voici les paroles:


Dans notre collège, on a un florilège
  D’expressions fleuries, qu’on se dit entre amis.
  Par exemple on n’dit pas : "Salut comment vas-tu ?"
  De loin on préfè’ra : "Bien ou quoi grosse tepu ?"
  De même on n’dit jamais : "Qu’est-ce que tu fais ce soir ?"
  Mais, "Tu téma la télé, espèce de gros bâtard ?"

   

Refrain :

   

C’est d’la littérature, c’est la contre-culture.
      Ah l’batard, ah l’crevard
      Ah l’tarba, ah l’veugra.
      C’est de la poésie, qui rend la vie jolie
      La taspé, j’la bédav’
      Le tarpé, j’le bouillav’
      …Ou l’inverse

   

Dans notre petit bahut, on célèbre Yourcenar
    Racine, Corneille, Camus, et aussi Blaise Cendrars

      

C’te meuf non mais t’as vu, j’la bouillav’ cette cegar
      Ouaille la barre de rire, avec ta tête de fonbou
      Y’as pas moye ta race ! l’aime pas les pakatous,
      Pi avec son keum, ça va faire des embrouilles
      Tu parles de ce cratère ? Moi je m’en bats les c...

   

Refrain

   

Ah l’bâtard, ah l’bâtard
      Au fond d’un couloir noir.
      Ah l’bâtard, ah l’bâtard
      Là où personne peut t’voir,
      Tu insultes un petit sixième, pour lui dire que tu l’aimes.

   

C’est ta façon à toi d’être gentil
      Tout l’monde parle comme ça dans ta téci
      Pourquoi toi tu f’rais autrement ?

Vous pouvez admirer l'oeuvre des justiciers de l'EN en cliquant là, juste là!

Pourquoi j'écris en italique? parce que je ne parviens pas à redresser la police, je suis une Cruche, moi...

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lundi 22 septembre 2008

Bande-annonce

"Je n'ai pas le choix... je vais allumer le Jourgnal pour appeler G-Pério!"

Prochainement sur ce blog... une aventure de G-Pério, le super-héros défenseur de la presse! Soyez 100% tuned, comme Gally dans Gunnm!

(Comment ça, mon allusion à ce manga est naze? Enfin, c'est un peu normal, c'est le blog d'une Cruche, ici...)

Posté par annekdotas à 20:53 - Cruchote - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 19 septembre 2008

"Là, là, j'ai gaffé..."

    "Alors, j'ai quoi dans ma boîte... tiens, une enveloppe d'Ali Ménande, sûrement pour me proposer un réabonnement, ça tombe plutôt bien, d'ailleurs... oh, mais c'est léger pour une pub... c'est une petite lettre, en fait...

    "Cher lecteur"... Cela commence mal, je suis une lectrice...

    "Toute l'équipe vous remercie d'avoir participé à notre concours Inju" tssss, tu vas voir que ce qui va suivre, c'est "ne vous découragez pas, et tentez votre chance la prochaine fois"...

    "Nous espérons que ce film vous plaira." tiens, c'est marrant ce ticket avec le titre écrit dessus...

...

    P*** mais j'ai gagné en fait! (façon Zézette dans le "Père Noël est une ordure") fichtre de diantre, c'est la première fois que je gagne quelque chose! A vrai dire, ce n'est pas glorieux, les questions étaient enfantines. Mais j'ai quand même un billet pour un film, ça veut dire qu'il y a sûrement des gens qui n'en ont pas eu, et toc, moi, j'ai gagné-eu. Joie, jubilation et contentement!

    Alors, surtout, ne pas laisser perdre la place, où est-il joué, ce film?

    Le film est joué dans une seule salle, et elle se trouve à Albania, un bled à deux jours de marche* en char à bancs. Joie. Jubilation. Contentement.

    C'est la première fois que je gagne quelque chose, et c'est une place de ciné qui va nécessiter la réservation d'une large plage horaire, et une organisation de rando.

    Je ne râle pas, les gentils gens du journal n'en sont point responsables. Ce genre de trophée est digne d'une Cruche qui met ses plats dans tous les pieds... et l'aventure sera encore plus drôle si je déteste le film.

*D'accord, pas exactement deux jours, mais c'est long et loin...

Posté par annekdotas à 10:39 - Radote - Commentaires [5] - Permalien [#]

mercredi 17 septembre 2008

Les Nouveaux

    Cette année, les Sixièmes n'ont plus d'Etudes Dirigées, c'est-à-dire qu'ils ne passent plus une heure avec un assistant de l'enseignement chaque semaine pour faire les devoirs qu'ils n'amenaient jamais. Par contre, ma corporation est rattachée à des classes, chaque employé a la sienne et nous travaillerons ensemble sous la houlette d'un prof.

    Amis lecteurs, vous connaissiez la Sixième Fauve, la Sixième Jungle, et la Sixième Buisson. Aujourd'hui, la plupart de leurs protagonistes sont en Cinquième, ce qui me fait bien plaisir pour eux.

    Et cette année, nous avons une nouvelle cuvée de Sixième, un peu différente des autres.

    La Sixième Costume!

    La Sixième Costume représente la future élite de Mehdi Terranée. Germanophones depuis leur entrée au collège, ils représentent tout ce qu'il y a de mieux rabattu vers l'établissement par la Plus Importante*.

    Je suis rattachée à eux, ce qui signifie que je dois co-intervenir dans leur classe. Je passe dans certains de leurs cours, pour leur filer un coup de main, pour vérifier qu'ils ne font pas de gaffes dans leurs leçons, ou les aider à résoudre leurs exercices. Je suis une aide en bonus, si vous voulez.

    Quelle panique quand je suis avec eux! Ils sont vraiment bizarres. Ils sont déconcertants et originaux. Ils ne bavardent pas, ne piaulent pas, ne râlent pas, ne chantent pas, ne se battent pas, ne... ne... j'ai l'impression qu'il ne leur manque que le costume, d'où leur nom. Quand je passe entre les rangs vérifier que leur cours est bien pris, ils... ils... disent des trucs étranges... Monstre en spaghetti volants, comment dire...

    "Attention, tu as oublié une lettre, là.
    Une voix de chaton répond: -Ah oui. Merci."

    Et là, j'ouvre la bouche pour rétorquer:

    "Hého, tu me parles bien! je te respecte, alors tu me respectes, tu me parles pas comme ça, tu m'insultes, là!" Mais je la clos aussitôt, consciente que de toute façon, c'est le prof qui fait la discipline en co-intervention.

    Qu'à cela ne tienne, nous règlerons nos comptes dans la perm' ou dans la cour...

*La Principale. 

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mardi 16 septembre 2008

"Demain"

Âgé de cent mille ans j'aurais encore la force
De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons,nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

Or, du fond de la nuit nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas, c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.

                                                            Robert Desnos.

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vendredi 12 septembre 2008

Le cri de la Cruche

Je crie.

Je ne savais pas que je pouvais crier comme ça, aussi fort, par réflexe. Et ce n'est pas très long, rien à voir avec les longues fulgurances de voix dans les films à malaise. C'est bizarre, je suis toujours figée de terreur, et pourtant, j'ai l'impression que crier m'a aidée. Je suis toujours terrifiée, mais c'est comme si le cri m'avait permis de recouvrer le service neuronal minimum.

***

L'entrée du Daily Star est une succession de portes. La première, lourde et métallique, s'ouvre si je presse le bouton adéquat. Mais, la chaleur étant difficilement soutenable, elle reste ouverte au moyen d'une cale. Cette première porte franchie, vous vous trouvez face à deux autres, deux battants de vitre, qui limitent les courants d'air en hiver. L'été, un de ces battants reste ouvert.

Puis, le comptoir de l'accueil, et la porte d'entrée dans les locaux, légère et opaque. Elle aussi obéit à un bouton. Maintenant que le décor est planté, passons à l'histoire.

***

Il fait nuit. Le standard est calme. La rue est calme, aujourd'hui, les sans-abris ne sont pas saoûlés dehors. Je bouquine en attendant la relève.

Je devine un mouvement à la lisière de mon champ de vision. Je lève les yeux de mon roman de fantaisie héroïque, et, avant même de lancer l'habituelle salutation de tout nouvel arrivant, la porte du battant de verre ouvert explose, violemment projetée contre la limite de son ouverture.

Je crie. Je ne savais pas que je pouvais crier comme ça, par pur réflexe, par pure panique.

"Où est mon pote? glapit la violente inconnue. Où est mon pote, mon frère? il est mort? où il est?!"

Je ne peux plus bouger. Elle saisit le téléphone et le brandit, de toute évidence, elle va me le jeter dans la tête.

***

Une agression, c'est très bizarre. On dirait que le cerveau se scinde en plusieurs parties autonomes qui communiquent à toute vitesse. A l'intérieur de la tête, cela provoque une situation plutôt surréaliste et franchement comique (enfin, le comique de la situation est saisi généralement une fois passée la frayeur pour sa vie).  Au moment où la forcenée empoigne le téléphone, je  (ou nous?) pensai:

"Oh mon Dieu,  elle va me lancer le téléphone dessus et je suis paralysée, je suis toute seule, je pourrai pas me défendre et après, elle va faire quoi, oh làlàààà, je suis trop mal" 

"Oh non! si elle casse le téléphone, ça va être trop chiant pour bosser, en plus, ça prend des heures pour le remplacer, merde!"

"Mais pourquoi je pense au téléphone, je suis dingue? de l'aide, vite, de l'aide!"

***

Ce dernier avis l'emporte sur tous les autres, et mes deux neurones autorisent le déblocage de la main droite, qui tape alors à l'aveuglette dans l'espoir de trouver le bouton d'alarme. Elle trouve. Elle écrase.

La folle, après une ou deux imprécations, jette le téléphone sur le comptoir et sort.

Le tout n'a pas duré plus de deux minutes.

C'est fini. Le contrecoup du choc me fait monter les larmes aux yeux. Le premier collègue descend et s'enquiert de ce qui ne va pas.

"La folle... la folle... 'y' a une folle... suffoquè-je.

-Elle est toujours là?

-Nan... mmmmmais elle a... elle a...

-Bon, ça va,  si elle est partie...

"OK,  Cruchotte. Là, faut donner du sens à tes bredouillis,  sinon, c'est toi la folle," fait l'une de mes voix. La peur fait place à la colère. La colère mène au Côté Obs... ah non, pardon, c'est pas le propos.

-Mais elle a...  elle a...  ELLE A CASSE LA PORTE!"

Le monteur va voir, constate, s'inquiète, me fait raconter les faits et décrire la personne. Journalistes et monteurs descendent aussi,  m'interrogent, constatent, commentent, me ramènent à boire. Il y a du verre jusque derrière le comptoir. La police est appelée, le directeur aussi. Le verre est déblayé et entassé dans un coin.

La femme est retrouvée et amenée dans un service psychiatrique.

Je me remets vite de ma frayeur mortelle, n'ayant subi aucune violence physique. J'ai bien cru que cette inconnue cassait cette porte pour s'échauffer avant d'en faire autant sur moi...

Je crois que... je crois que j'ai eu de la chance sur ce coup-là.

Maintenant, je travaille la porte métallique fermée.

Posté par annekdotas à 15:52 - Psychote - Commentaires [4] - Permalien [#]
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