samedi 9 août 2008
L'effet divers
Non, personne n'est à l'abri de l'insécurité qui règne dans notre beau pays, le Daily Star encore moins que le reste des autres. En effet, un infâme larcin fut commis dans la nuit du 7 au 8 août dernier. Une de nos collaboratrices, Mlle Anne Cruchotte, fut la première victime de ce vol.
Ce jour-là, la jeune fille prit son service comme à son habitude, vers cinq heures trente-cinq. "J'ai tout de suite vu que quelque chose n'allait pas. C'est le premier truc que je fais le matin pour me garder réveillée!" Mais quoi donc?
Après avoir posé ses affaires, elle voulut régler la radio, mais quelle ne fut pas sa surprise de n'en rien pouvoir faire! Etonnée, elle inspecta l'appareil, et constata l'absence de son câble d'alimentation. "Quelqu'un l'avait pris. J'ai fouillé toute la loge pour le retrouver, sans succès."
L'angoisse s'empare de l'employée. Sept heures sans musique, cela va être long, très long. "Encore que le vendredi, ça va. Mais un samedi ou un dimanche, là, c'est l'horreur, puisque je n'ai aucun appel... mais la situation était frustrante: comme je lis les grands Lutéciens*, j'aime bien écouter les infos à la radio pour voir s'ils se trompent."
La Cruche décide cependant de ne pas se laisser abattre par la perte de l'un de ses principaux outils de travail. La radio ne fonctionne plus? Qu'à cela ne tienne, ses cordes vocales sont, elles, en parfait état de marche. Et l'employée se mit en devoir de remplacer la radio défectueuse à grands renforts de braillements censés évoquer diverses oeuvres musicales, de Franz Ferdinand à System of a Down ("Music of violence, music of silence!"), entre Zazie et les Fatals Picards ("Jusqu'en avoir les mains en sang!"), les Ruttles ("Hold my hand, yeah, yeah...") ou Nirvana: "J'écoute pas encore assez Nolife pour chanter de la "Jimiouzique". Nos services mènent actuellement l'enquête pour déterminer la nature de ce dernier genre inconnu afin de mieux prévenir un nouveau désastre sonore.
Saluons le courage et la solidarité dont firent preuve la rédaction et l'équipe technique: les premiers parvinrent, en dépit de leurs graves troubles de la concentration, à ne pas faire plus de fautes de frappe que d'habitude, les seconds mirent tout en oeuvre pour remplacer le fil manquant, hélas, sans résultat.
L'enquête menée par Détective Conanne ne livrera pas le nom du coupable. En revanche, tout porte à croire qu'iceluy se trouvait dans les locaux en même temps que la Cruche, et qu'il ne supporta pas les conséquences de son délit, car, dès le lendemain, le câble avait repris sa place. Parfois, la tranquillité d'un quotidien ne tient... qu'à un fil.
*Lutécien: journal national.
